Tauris, si tu as l'occasion de lire "La nouvelle équitation centrée" de Sally Swift, je pense que tu trouveras des explications sur humain / cheval au niveau du fonctionnement et des exercices à pied et monté qui devraient te permettre de mieux comprendre le fonctionnement de ton cheval et de mieux comprendre comment ton propre corps doit se lier à celui de ton cheval pour le laisser fonctionner.
Je te propose ce livre par rapport à toutes tes questions, car les livres cités sont super, mais peut-être parfois un peu imperméables si l'on n'a pas encore eu l'occasion de vivre les senssations correspondants aux techniques décrites.Il me semble qu'à lire un ouvrage, il te faut commencer par ceux auxquels tu pourras associer directement des sensations vécues, qui te feront avancer dans la compréhension, pour plus tard, reprendre les livres de la tradition équestre, qui sinon sont parfois un peu bouchés sans le bagage d'expérience équestre nécessaire pour les appréhender.
Enfin, moi ça m'a fait un peu ça, et j' ai toujours apprécié de passer par des ouvrages me permettant d'exploiter d'abord ce que je vivais et ressentais, pour ensuite passer à la technique et la théorie des ouvrages tirés de la tradition équestre.
Pour la t^te haute, qu'elle est la race de ton cheval déjà? Certaines races ont une implantation vertébrale qui leur fait porter la t^te plus en l'air que d'autres.arabe / ibérique, par exemple, l'arabe a le nez en l'air anatomiquement, l'espagnol aura tendance à baisser le nez plus facilemnt. Les trotteurs ont le nez facilement en l'air s'ils ont été travaillés au trot attelé ou monté, du fait des enr^nements cohercitifs, voire même ils sont musclés "à l'envers" par leur entraînement, l'encolure est musclée du dessous et pas dessus. L'akal-téhé est régulièrement anatomiquement en "encolure de cygne", la t^te très haute.
Se méjuger est très bien si le cheval est équilibré, pas sur les épaules. Pour visualiser si les antérieurs sont derrière ou en retard, monté tu as la même sensation de lourdeur en gros que lorsqu'il est sur les épaules, et outre les 300 tonnes que tu as dans les mains, le cheval rentre dans un déséquilibre avant poussé qui l'amène à se courir après encore plus qu'un cheval sur les épaules. Mais il est rare de voir un cheval avec ce genre de soucis.
Un cheval qui se méjuge engage les postérieurs loin dessous lui, par fois comme pour les trotteurs, il est obligé de les engager sur les côtés pour ne pas se taper sur les antérieurs, (tu le vois bien dans les courses, où ils sont en complet déséquilibre sur l'avant-main, mais les postérieurs passent tellement loin dessous qu'ils peuvent tenir quand m^me) Ca signifie que théoriquement il fléchit l'arrière-main pour pouvoir aller chercher loin dessous, donc l'avant-main remonte par un effet de bascule, si tu veux, ce qui amène la tête à se relever naturellement. Si le cavalier est bien dans ses mains et ses rênes, le porter est naturel, s'il s'accroche au mors, ou utilise divers moyens de ramener la t^te cités plus haut, il y a dérive de l'équilibre naturel.
Le ramener est encore autre chose, puisqu'il faut que ton cheval ait fléchi l'arrière-main, qu'il engage ses postérieurs, mais l'art du cavalier va être d'entretenir cette impulsion sous lui et de la transformer , non plus vers l'avant comme elle l'était jusqu'à présent, mais vers le haut, par action de ses aides. Le cheval continue de pousser , mais emploie maintenant sa force et sa tonicité vers le haut, pour ça, il a besoin de ployer plus son dos en ramenant ses membres plus sous lui, son dos est un arc qui propulse alors son énergie vers le haut. Le cavalier peut alors passer tranquillement aux figures comme le piaffer, qui sont en principer la quintessence de cette propulsion verticale.
Donc, du début jusqu'à la fin, le cavalier doit savoir recevoir dans ses mains la propulsion de derrière pour aider le cheval à tendre l'arc de sa colonne, ce qui
anatomiquement place la tête dans la trajectoire de cet arc.
Que de bla-bla!
